dimanche 2 février 2014

"Les interfaces d'Oracle et de SAP développées il y a 10 ans ne sont pas appropriées à l'ère de Facebook et Google"

      C'est le grand Larry Ellison en personne qui a déclaré cela lors du dernier "CloudWorld" qui s'est tenu cette semaine à San Francisco. Le truculent patron d'Oracle, un grand visionnaire de l'IT, a dû se mordre les lèvres ! Il y a quelques années seulement, il pourfendait la notion de Cloud Computing alors qu'il avait lui-même promut 15 ans plus tôt la notion de Network Computing...

"Le réseautage social est la nouvelle épine dorsale des applications d'entreprise"
a précisé Larry Ellison, lors de l'événement CloudWorld à San Francisco.
Oracle emploie plus de 120.000 personnes et réalise plus de 37 milliards de dollars de chiffre d'affaire par an. L'entreprise est une référence mondiale de l'informatique d'entreprise depuis près de 40 ans ! En 10 ans, son patron Larry Ellison a mené une politique de diversification sans égale notamment à grands coups de rachats frénétiques : en moyenne 1 par mois, dépensant dans la décennie plus de 40 milliards de dollars. Mais Larry a été très souvent un grand visionnaire, bien qu'il ait aussi manqué plusieurs fois de clairvoyance...

Habitué aux déclarations provocatrices pour attirer tous les regards, Ellison a une fois encore prouvé qu'il maîtrise la communication dans le landerneau de l'IT, en faisant des prédictions iconoclastes. Cette fois-ci, il vient de découvrir que les applications professionnelles de nouvelle génération avaient besoin d'un réseau social et devraient être si faciles à utiliser que même un PDG doit pouvoir les comprendre. Il faut dire que les solutions Oracle, bien que très performantes, nécessitent beaucoup de technicité et sont pour le moins complexes à utiliser et à mettre en oeuvre.

Le super héros (Larry a fait une apparition dans Iron Man qu'Oracle a sponsorisé) a également précisé que ses "interfaces sont calquées sur Facebook, ce qui ne nécessite pas d'apprentissage", et ceci à propos des récents progiciels proposés par Oracle en mode SaaS. Cette remarque, confirme que, à l'ère des Facebook, Twitter et autre Google, les salariés du monde entier sont devenus réfractaires aux solutions d'entreprise indigestes et qu'ils préfèrent travailler avec les mêmes outils que ceux de la maison : des outils simples et faciles. Larry annonce donc la fin des usines à gaz, ce que - entre nous - prône Google et sa division Entreprise, depuis plus de 8 ans déjà. Attendons-nous donc dans un futur proche à un changement radical de ce côté.

Mais Larry va plus loin encore et fait amende honorable. Il a ainsi déclaré : "les interfaces d'Oracle et de SAP développées il y a 10 ans, ne sont pas appropriées à l'ère de Facebook et de Twitter". En fait, en plus de tacler SAP son rival sur le marché de l'ERP (bien connu également pour concevoir des solutions complexes), il soulève un problème récurrent auquel les grandes entreprises sont confrontées depuis des années : elles achètent et mettent en place des logiciels coûteux pour des métiers comme les RH, la Communication ou le Commerce, et plus de la moitié des employés ne les utilisent pas. C'est encore plus vrai avec le pack Office qui est utilisé par 95% des salariés à moins de 5% de ses capacités !


      Mon ancien patron a également affirmé que "les applications professionnelles avaient besoin d'un volet social à leur base", afin que les salariés soient connectés entre eux et à leur entreprise. C'est aussi valable pour l'écosystème étendu de l'entreprise : partenaires, fournisseurs, sous-traitants... et clients ! Il précise que "le réseau social est le nouveau paradigme de la demande", "qu'il est devenu l'interface de l'application", que "les employés connectés savent ce qui se passe dans la société et qu'ils peuvent aider les autres à faire leur travail". Larry prône donc des outils collaboratifs modernes, transverses. Selon lui, les demandes de service à la clientèle et de gestion du capital humain sont les deux applications d'entreprise les plus importantes du 21ème siècle. Les entreprises gagnent ou perdent en fonction des personnes qu'elles embauchent et de la façon dont elles traitent leurs clients, a-t-il souligné.

Enfin, lors de cette conférence, il a également déclaré qu'IBM et SAP n'étaient plus les principaux rivaux d'Oracle. Je pense qu'il faisait allusion à quelques start-up sorties de leur garage respectif !

PS :
Petit message personnel à Larry : les FAGA possèdent des divisions "Entreprise" depuis bien longtemps... et elles semblent bien se porter !

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